Dans la peau d’une djihadiste d’Anna Erelle

couv52488170Edition : Robert Laffont

Prix : 18€

Pages : 263

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Convertie à L’Islam, Mélanie rencontre sur Facebook le chef français d’une brigade islamiste. En quarante-huit heures, il « tombe amoureux » d’elle, l’appelle nuit et jour, la presse de venir faire son djihad en Syrie et dans la foulée la demande en mariage, lui faisant miroiter une vie paradisiaque… De « chat » Facebook en conversation Skype, Mélanie se prend au jeu et commence à préparer secrètement son départ.
Des jeunes Européennes comme Mélanie, chaque semaine plus nombreuses à se laisser embrigader via Internet, l’auteur de ce livre en connaît des dizaines : c’est elle, Anna Erelle, qui se cache en réalité derrière le profil de « Mélanie ». Jeune reporter, elle travaille sur les réseaux de l’État islamique (EI) – dont la propagande numérique, le « djihad 2.0 », constitue l’une des armes les plus redoutables.
Pendant un mois, Anna se glisse ainsi dans la peau de Mélanie, et consacre ses journées à vérifier les confidences que son « prétendant » – proche d’Abou Bakr al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’EI – livre le soir derrière un écran d’ordinateur à sa « future épouse ». Dans une impatience grandissante que celle-ci la rejoigne. Ce voyage est l’ultime étape, la plus dangereuse, de son reportage, et Anna l’a planifié dans les moindres détails. Elle part, comme prévu. Mais tout va déraper…

C’est juste après les attentats contre Charlie Hebdo (le coup du sort a parfois un timing assez pourri) que ce livre est sorti et je l’ai acheté en voulant essayer de comprendre comment on peut avoir envie de partir faire le djihad quand on voit en quoi consiste leurs actes. J’ai pris un certain temps à le sortir. D’une part pour sortir des horreurs de janvier mais aussi parce que, faut bien l’avouer, je l’ai un peu oublié. Je ne peux pas vous dire si j’ai aimé ou pas ce livre, mais je peux vous dire que j’ai trouvé son contenu très intéressant et que ce livre est un véritable livre coup de poing.

Plus on avance dans ce témoignage et plus ce qu’on lit nous glace le sang. Dès le début je me sentais mal en lisant le livre. On sent que Bilel, l’homme avec qui Mélanie (alias Anna) discute, est très manipulateur et qu’il fera tout pour arriver à ses fins. Il ne questionne pas Mélanie sur son désir de venir en Syrie, il l’affirme. On sent que c’est lui qui mène la conversation et que si on ne va pas dans son sens on le sentira passer. C’est quelque chose qui pèse tout le long de la lecture et plus on avance dans ce témoignage, plus on se sent mal. D’ailleurs, la seconde partie, celle du voyage de la journaliste, est très oppressante. J’ai eu une sacré boule au ventre tout le long de ma lecture, mais encore plus à ce passage, au point que cette angoisse s’est reflétée sur mon visage.

Ce n’est pas un témoignage choc, le but n’est pas de nous faire peur et d’installer en nous une animosité quelconque (vous voyez, le discours du type « les musulmans sont tous méchants et nous français d’origine française on est de vrais petits anges parce qu’on fait pas péter des buildings gnagnagna« ). De toute façon, si ça avait été le cas, je ne l’aurai pas fini. J’ai trouvé que ce livre était intéressant à lire et qu’il nous apprenait des choses, ce qui est important. Je trouve que c’est d’ailleurs le but premier de ce témoignage. Il y a des passages un peu choquant, sur les agissements de Bilel parce que, bien sûr, il ne cache rien. Mais je tiens vraiment à préciser que le but ici n’est pas de nous en mettre plein les yeux, de mettre en avant la violence des djihadistes. Le but ici est d’essayer de comprendre pourquoi tant de jeunes veulent partir pour la Syrie, comment on les convainc de partir alors que leur violence est totalement assumée et affichée.

Si c’est un sujet qui vous intéresse, que vous voulez approfondir, je vous conseille ce livre plutôt que les essais politiques écrits par des « experts » qui sont la plupart du temps clairement subjectifs. Je ne mettrai pas de note car je n’ai jamais vu l’intérêt de noter et de juger le vécu d’une personne.

Sachez qu’Anna Erelle, dont on ne sait le vrai nom, a maintenant une fatwa contre elle.

 

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2 thoughts on “Dans la peau d’une djihadiste d’Anna Erelle”

    1. Le livre répond pas exactement à la question mais t’arrives bien à comprendre par toi-même. Une amie m’a dit qu’il était sorti en poche si ça t’intéresse un jour 🙂

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