Fin de partie de Samuel Beckett

couv11029117Edition : éditions de minuit

Collection : /

Prix : 6€80

Pages : 110

« Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d’immobilité, cette notion d’enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous ces mouvements qu’il peut faire c’est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu’on voit de temps en temps et qui ont un très charmant dialogue d’amour.
Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d’échecs et ils marquent des points, l’un après l’autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s’en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s’exprime par beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce – qui est à un niveau théâtral absolument direct, où le style est d’une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu’ils se font l’un à l’autre, et qui se termine aussi d’une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, c’est ce fils Clov, partira-t-il ou non? et on ne le sait pas jusqu’à la fin (…) » Roger Blin

J’ai entendu parler de Samuel Beckett un million de fois en cours, mais j’ai toujours eu peur de me lancer. Comme pour la plupart des grands auteurs qui me tentent mais m’effraient en même temps, Samuel Beckett s’est retrouvé dans la liste des auteurs à lire pour la fac. Dès que j’ai eu le livre entre les mains j’ai été très intriguée mais je me suis contenue pour le lire après les trois autres pièces parce que je voulais finir sur une note positive. Je n’avais jamais lu un livre de cet auteur, mais je sentais que ça allait être positif et ça n’a pas loupé.

Cette fois, pas de surprise, Marguerite Duras m’a fait découvrir un théâtre plus moderne, donc la construction de cette pièce ne m’a pas étonnée. Mais l’absurdité de cette pièce m’a quand même un peu prise au dépourvue. On retrouve ici seulement 4 personnages, tous plus absurdes les uns que les autres. Hamm ne peut pas se lever et est aveugle, à contratio Clov ne peut jamais s’asseoir et le couple Nell et Nagg vivent chacun dans leur poubelle respective. Rien que ces petits détails donnent le ton à cette pièce.

En plus d’une situation absurde, les dialogues le sont tout autant. Ils ne se suivent pas, n’ont pas de réel sens. On passe d’un sujet A à un sujet B pour revenir au sujet A et partir sur un sujet C… C’est un peu n’importe quoi mais ce n’est pas pour autant que le lecteur se perd. On se retrouve au début d’un jeu un peu ridicule mais c’est plaisant. Le jeu de scène accentue cette absurdité grâce à des didascalies simple et légèrement répétitive. J’ai encore une fois découvert un auteur fabuleux que je garde en mémoire et je comprend maintenant l’engouement de mes profs pour Samuel Beckett.

Note : 15/20

Lecture de fac.

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