Il reste de la poussière de Sandrine Collette

couv18247558Edition : Denoel (Parution le 25 janvier 2016)

Prix : 19€90

Pages : 302

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Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.
Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

Ce livre-là m’a directement tapé dans l’oeil ! Je remercie vraiment les éditions Denoel de me l’avoir envoyé car j’ai une fois de plus découvert une vraie pépite. Sur trois livres que j’ai lu de leur maisons d’édition, les trois m’ont marqués et sont à conseiller partout, je suis conquise ! Mais avant de vous parler du contenu du livre j’ai envie de vous parler un peu de la couverture qui, je trouve, correspond parfaitement à l’histoire. Hormis ce paysage désolé qui convient totalement, la couverture est pleine de reflets argentés par rapport à la lumière et ça donnait un effet de soleil trop brillant, ça m’a presque oppressée MAIS c’est totalement dans le livre du coup je trouvais ça très bien trouvé.

Après la forme vient le fond et ce livre renferme quelque chose d’extraordinaire. C’est un roman qui s’inscrit dans la lenteur mais tout est cohérent et finalement ce n’est absolument pas dérangeant. L’atmosphère, les personnages, les lieux, tout est lié. Cette lenteur est lié à une ambiance très pesante. Le soleil brûlant qui nous éblouit, les lieux désertiques et le comportement des personnages nous oppressent (comme la couverture tien !). Mais on va remettre les choses dans l’ordre et on va commencer par parler de l’intrigue. Je trouve qu’elle se rapproche plus du drame que du thriller, même si je comprend pourquoi on l’a qualifié ainsi. C’est ici l’histoire d’une famille qui veut se détruire. Si cela se passait dans un lieu plus restreint et qu’il y avait une table pleines d’objets de torture, ce roman ferait un huit-clos parfait. Mais ce n’est pas le principe ici, alors passons sur cette (brillante) idée. Ce livre nous plonge dans les difficultés des personnages pour continuer à vivre et leur haine pour l’un et l’autre dans une atmosphère lourde et instable. Est-ce que ce semblant de calme va durer ? Est-ce que cette épreuve imposé à l’un des personnages va lui apporter la compassion des autres ? Est-ce qu’il y a aura des morts ? Rien n’est jamais sûre dans ce roman, on est comme un funambule sur son fil. Tout est pesant dans ce roman, on a vraiment une impression de souffle coupé presque tout du long. De part ce que je vous ai dit deux lignes plus haut, mais aussi avec la description des lieux. Cette plaine aride et plus que caillouteuse est hostile et ça se ressent extrêmement bien. C’était comme si je me trouvais à l’intérieur du livre et que je subissais toute la pression que subissent les personnages.

D’ailleurs, ces fameux personnages sont ravagés par la vie. Aucun d’eux n’est épargné, pas même le plus jeune que l’on retrouve à un très jeune âge. Ils sont aussi très haineux et l’entente de certains se base beaucoup sur le respect du travailleur plus que sur l’amour. Celui qui sort du lot est le plus jeune, Rafael, qui semble être le seul personnage qui sait ressentir des sentiments réellement positifs. Les autres ne sont pas totalement dénués de compassion, ils ont une touche de lumière aussi, mais ce n’est pas qui prédomine et c’est ce qui fait le contraste entre Rafael et eux. Toutefois, il n’est pas tout blanc non plus et peu importe quel personnage l’on suit dans les chapitres, on a toujours peur de ce qu’il pourrait faire aux autres. Personne n’est à l’abri d’un coup de sang de l’un ou l’autre, d’un accident pas si accidentel pour assouvir une envie de vengeance qui couve depuis bien longtemps. Ils ne s’entraident pas et chacun espère que l’un ou l’autre ne soit plus là pour que leur vie s’améliore. C’est comme si vos parents avaient hâte que vous ne rentriez jamais des cours un jour pour avoir une bouche en moins à nourrir. Sympa hein ?

J’ai aussi énormément aimé le style de l’auteur. Je n’ai jamais lu de romans de Sandrine Collette avant celui-ci, donc je ne sais pas si elle utilise cette stratégie à chaque fois, mais dans Il reste la poussière, le style colle parfaitement à l’histoire. Que ce soit dans les dialogues ou la narration, on retrouve beaucoup de vulgarisations un peu paysannes, de tournures de phrases cabossées par le manque d’instruction. Ça ne fait que donner plus de cachet au roman et ça vous explique enfin complètement pourquoi je me sentais aussi immergée dedans. Ça a vraiment été une très bonne lecture et la découverte d’une auteure qui recèle un véritable talent pour l’écriture.

N’attendez plus longtemps, lisez ce livre ! Il est clair que Sandrine Collette est une auteure que je garde en ligne de mire et un de ses romans a déjà rejoint ma wish-list. Ce livre est un sans faute et a vraiment frôlé le coup de cœur, il a peut-être manqué d’un petit côté plus addictif, étant donné que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire au début. Quoiqu’il en soit, ce roman détient toutes les clefs pour nous faire passer un bon moment. Du coup la question se pose : Vous attendez quoi ?

Bon

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