Le conte du Graal de Chrétien de Troyes

couv50181705Le jeune chevalier saura bientôt faire preuve de sa vaillance. La demoiselle son hôtesse n’est pas venue à lui dans un autre dessein que de lever en son coeur le désir de batailler pour l’aider à se défendre et défendre sa terre. Il lui dit : « Belle amie chère, ce n’est point le moment de montrer triste visage… Venez vous mettre dans ce lit qui est assez large pour deux… » Elle répond : « Je viendrai s’il vous plaît. » Le jeune chevalier l’embrasse… Il l’a mise gentiment sous la couverture. La demoiselle accepte ses baisers sans qu’il lui en coûte beaucoup ! Ainsi furent-ils toute la nuit, l’un après l’autre et bouche à bouche jusqu’à l’approche du matin… Bouche à bouche et bras à bras ils ont reposé jusqu’à l’aube.

 

C’était dans la logique des choses, il a fallu que je me plonge dans Le conte du Graal ! Ayant déjà lu Le chevalier au lion pour un autre matière, j’étais totalement impatiente de me plonger dans celui-ci, malgré un petit pincement au coeur, car il faut savoir que Le contre du Graal est un roman inachevé (et de la plus horrible des manières si je puis me permettre). Malgré une lecture un peu plus en longueur et un entrain restreint, j’ai tout de même beaucoup aimé ce que j’ai lu.

Dans un premier temps, il me tardait de découvrir Le conte du Graal, le vrai ! Pas les réécritures ou les adaptations un peu plus jeunesse, mais bel et bien le texte de Chrétien de Troyes. J’en avais beaucoup entendu parler, bien évidemment, et j’ai enfin pu mettre le nez dans ce bouquin. Cette fois, pas de démarrage maladroit puisque j’ai pris le coup de main de la mise en page en vers avec Le chevalier au lion. On retrouve toujours ce style facile à aborder et fluide et cette envie de continuer encore et encore le livre, de la première à la dernière page. J’ai beaucoup aimé l’intrigue que j’ai trouvé très riche et plutôt bien agencée.

Cependant, quelques petits bémols sont venus entacher ma lecture. Tout d’abord, le nombre très important de personnages. J’ai eu beaucoup de mal à remettre certains dans le bon contexte, dans la mesure où on le rencontrait parfois au début du roman pour le retrouver vers la fin, après une foule d’autres personnages. Malheureusement, les noms ne m’ont pas forcément aider et il a parfois fallu un petit retour en arrière de ma part. Ensuite, même si l’intrigue est bonne, il y a un parfois de mauvais raccords qui perdent le lecteur. Il m’est arrivé plus d’une fois de lire et de me dire soudainement « pourquoi on est là ? Qu’est-ce qui s’est passé pour que le personnage se retrouve à devoir faire ça? » Ce qui, vous l’avouerez, n’est pas très agréable pour nous lecteur. Les deux intrigues parallèles qui arrivent à un certain point du roman n’ont pas grandement aider non plus (rien ne m’a aidé dans ce livre, oui oui).

Malheureusement, le pire n’est pas ce que je viens de vous décrire mais cette fin totalement inachevée et abrupte. Elle laisse un affreux sentiment de vide, puisque qu’elle est pire qu’un film coupé en deux parties (tu sais bien, la fin du premier nous laisse totalement en suspens et pendant un an tu hibernes pour avoir la suite).  Bien évidemment on ne peut blâmer Chrétien de Troyes pour cette fin car tout porte à croire qu’il est tout simplement mort avant d’avoir achevé son oeuvre, mais cela reste très frustrant. En effet, même si j’ai moins accroché que Le chevalier au lion, j’ai quand même beaucoup aimé ma lecture et j’aurais aimé pouvoir avoir le fin mot de cette histoire.

Quoi qu’il en soit, après la lecture de deux de ses romans, Chrétien de Troyes reste un auteur que j’ai adoré découvrir et que je conseille. Quand mon challenge Un an sans achat sera fini, je me ferai une joie d’aller découvrir le reste de sa bibliographie.

Edition : Le livre de poche – Collection : Lettres gothiques – Prix : 8€60 – Pages : 637 (ancien français et français moderne)

Note : 14/20

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