Monnè, outrages et défi d’Ahmadou Kourouma

images (1)Désobéissant à Samory, empereur de tout le pays mandingue, le roi de Soba, Djigui Keita, n’a pas rasé sa ville à l’arrivée des troupes coloniales – sûr que la magie des ancêtres, la protection d’Allah et la muraille édifiée à la hâte suffiraient à repousser les « Nazaréens ». Ceux-ci prennent donc Soba sans coup férir. Mais tandis que les griots chantent la gloire de Djigui Keita et de ses cent vingt années de règne, le roi déchu s’enfonce dans une collaboration de plus en plus meurtrière avec l’occupant. Sous l’épopée tragique et dérisoire d’un peuple livré à la colonisation, perce la satire des États africains modernes livrés à leurs démons, et un réquisitoire aussi drôle que violent contre ces conformismes qui mènent parfois aux pires compromissions.

 

Ce fut une lecture bien laborieuse pour un si petit livre. Le sujet me donnait pourtant très envie car, pour résumer assez grossièrement, on va suivre la colonisation du point de vue d’un peuple africain. Cependant, j’ai trouvé ce livre un peu lourd et j’ai eu, au final, beaucoup de mal à accrocher.

Le premier gros soucis que j’ai eu avec ce roman est la différence des points de vue. J’aime beaucoup retrouver ce genre de chose dans un livre. Malheureusement ici, ça embrouille plus le cerveau qu’autre chose. En effet, les points de vue s’alternent de manière très confuse. On passe de la troisième personne du singulier, à la première, en passant aussi par la première personne du pluriel. Etant donné que ce livre n’est pas un livre pour adolescent, je veux bien que ce changement ne soit pas écrit de manière explicite à chaque chapitre ou encore chaque paragraphe. Toutefois, utiliser ce procédé un peu comme on veut, sans vraiment de sens, ce n’est pas mieux non plus. A cause de ça, ma lecture a parfois été une catastrophe et j’ai dû m’y reprendre plusieurs fois avant de bien comprendre certains passages. Hormis cela, je trouve le style légèrement indigeste. Les phrases sont parfois trop longues et nous parlent parfois de trop de personnages en même temps. Cependant, les noms des personnages étant souvent très similaires, je me suis un peu perdu au bout d’un moment. J’ai donc gardé un mauvais souvenir de lecture à ce niveau-là, car je ne comprenais presque rien du premier coup…

Heureusement, au milieu de tout cela, j’ai quand même fait face à une intrigue qui me plaisait énormément. Je ne lis pas beaucoup de livres sur le sujet de la colonisation, mais à chaque fois que j’en entendais parler, c’était du point de vue des français, ou plus largement des européens. Ici, le fait de retrouver le point de vue des africains m’a beaucoup plus. Cela montre en effet la manipulation des européens sur l’Afrique et cette perfidie dont on ne nous parle pas spécialement en cours (même si on se doute bien que l’on n’a pas été tendre). Le contexte historique a aussi été un gros point fort pour moi, car on a pu découvrir, toujours d’un autre point de vue, certaines grandes étapes de notre histoire. Encore une fois, c’est quelque chose qui passe parfois à la trappe dans nos cours d’histoire. J’ai découvert certaines choses différemment, ça m’a beaucoup plus, d’autant plus que l’intrigue se passe dans ma période historique favorite.

Ce fut donc une lecture en demi teinte. En fouinant un petit peu j’ai découvert un autre livre d’Ahmadou Kourouma qui me tente beaucoup. Toutefois, après cette lecture, j’ai un peu peur d’aller plus loin avec cet auteur, je vais donc sagement attendre d’avoir bien fait baisser ma PAL avant de me laisser tenter.

 

Edition : Points – Collection : / – Prix : 7€20 – Pages : 278

Note : 11/20

Partagez !

Laisser un commentaire