Off-Ret Hodges, tome 02 : Carnets noirs de Stephen King

carnets-noirs--stephenking--albin-michelTitre V.O : Finders Keepers (Traduit par Océane Bies et Nadine Gassie)

Edition : Albin Michel (Parution le 02 mars 2016)

Prix : 22€50

Pages : 428

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Un écrivain célébre qui vit en ermite chez lui et qui n’a pas sorti de livre depuis une dizaine d’années, est retrouvé assassiné par Morris Bellamy. Celui-ci récupère de l’argent, ainsi qu’un carnet de notes. Ce carnet contient un roman inédit de Morris Bellamy. Il est enfermé pour un autre crime, un viol sous l’emprise de l’alcool, mais il a réussi à caché le fameux carnet.
Il est libéré trente cinq ans plus tard et apprend qu’un jeune garçon, Pete Saubers a récupéré le roman inédit. Alors, Bill Hodges, Holly Gibney et Jerome Robinson vont devoir protéger le jeune garçon de la vengeance de Bellamy.

Celui-là mais alors celui-là ! Je l’attendais tellement ! Je trépignais d’impatience à l’idée de l’avoir dans les mains, j’étais intenable dès que la date de sortie a été annoncée parce que je ne pouvais pas attendre tranquillement. Crise d’hystérie, hyperventilation, une vraie dingue. Je ne sais pas même pas si je dois vraiment vous le préciser, ce livre a été un coup de cœur ! Mais j’annonce tout de même un petit bémol pour le titre car je trouve que le choix d’Albin Michel laisse tomber toute la saveur et les promesses du titre original, Finders Keepers. Ce n’est pas vraiment une expression que l’on peut vite traduire en français, je sais, mais Carnets noirs ça n’annonce pas autant de choses. Mais ce n’est que mon avis.

Entrons maintenant dans le vif du sujet, ce roman est une véritable déclaration d’amour à la littérature et au métier d’auteur, ça m’a vraiment touché. Même si c’est amené de manière sombre on ressent par les mots de King que ce ne sont pas seulement les personnages qui aiment les livres ici, mais lui aussi. Son amour se ressent réellement et il se transmet au lecteur. Mais ce roman est aussi un récit basé sur l’obsession et le fanatisme, ce qui n’est pas sans nous rappeler un certain Misery. Toutefois, ce n’est pas parce que les deux romans peuvent se rapprocher que Carnets noirs est un « reboot » du fameux huit-clos qu’est Misery. Les deux abordent un thème similaire mais d’une manière totalement opposée. On n’est pas dans un huit-clos ici, plutôt sur une chasse à l’homme mais les raisons sont les mêmes : l’amour inconditionnel pour un auteur. Je ne suis pas aussi dérangée que dans ce roman, mais c’est quelque chose qui m’a fait écho. Cette envie de tout lire de notre auteur favori, de ne perdre aucun mot, aucune virgule et de ne jamais vouloir se séparer de nos précieux livres. En ce qui concerne les personnages, j’ai adoré retrouver Bill Hodges et découvrir les nouveaux personnages comme Pete mais aussi, et surtout, Morris Bellamy. Bien évidemment, c’est toujours le plus dérangé qui m’intrigue et ça n’a pas loupé. Ses décisions, ses réactions, je voulais tout savoir de lui. Comment il en est arrivé là, pourquoi, qu’est-ce qu’il va faire ? On veut savoir, voir jusqu’où il pourrait aller. Mais j’ai aussi énormément aimé Pete car j’avais l’impression que c’était surtout au travers de son personnage que cet amour des livres de la part de Stephen King ressortait le plus. Mais c’est aussi un personnage intéressant de par sa détermination, son intelligence et son altruisme. Dès le début il semble être un personnage qui a des choses à nous transmettre et cela se confirme au fil des pages.

Les personnages ne font pas tout, l’intrigue est aussi importante et ici, elle est très intéressante et addictive et géniale. Tout d’abord, j’ai eu la très bonne surprise de voir que Carnets noirs n’est pas du tout un polar comme avait pu l’être Mr Mercedes, avec une enquête. Stephen King n’est pas mauvais dans cet exercice, j’ai même beaucoup aimé Mr Mercedes, plus que ça, mais à la vue du résumé et de la couverture, je ne voyais pas comment on pouvait construire une seconde enquête policière vraiment intéressante avec ce second tome et j’ai eu une petite appréhension, je l’avoue. La question ne s’est donc même pas posée, première gros bon point. Encore une fois, l’auteur a pris son temps pour tout mettre en place avant de nous plonger dans une action en chaîne. La construction du roman est très intéressante car elle est en trois parties distinctes, un avant, un pendant et un après. Je vous avoue que l’après est plus comme un gros prologue qui sert à nous mettre en appétit pour le troisième et dernier tome mais les deux précédentes sont vraiment dans l’intrigue et m’ont emportée du début à la fin. J’ai aimé l’alternance des années dans la première, j’ai été captivée. Il y a des liens partout, que ce soit entre le tome précédents et celui-ci ou les personnages et on veut, dans un premier temps, les comprendre puis ont veut voir sur quoi cela va aboutir. La seconde partie se passe sur un même espace temporel mais ce sont les points de vue qui s’alternent ici et, si vous me suivez depuis longtemps je pense que vous le savez, j’adore ça ! Ça permet de voir ce qui se passe en même temps dans différents endroits et ça ajoute une tension que je trouve fabuleuse. Quelqu’un décide quelque chose qui va être décisif mais les autres ne le savent pas et ne vont pas forcément dans la bonne direction, on a peur de ce qui va arriver, on se demande sur quoi tout cela va aboutir. Au début cette tension n’est pas forcément présente mais elle devient assez rapidement palpable et à partir de là c’est impossible de lâcher le livre. C’est une des choses que j’aime le plus chez Stephen King. Il nous embarque très vite dans son récit en nous faisant languir et prenant le temps de poser son récit et ses personnages pour ensuite accélérer le rythme. Il y a toujours un moment avec lui où mon cœur bat la chamade et où j’oublie de respirer parce que la seule chose qui m’importe est ce que je suis en train de lire. Je l’ai clairement ressenti avec ce roman. Mr Mercedes était différent de son travail habituel et ça m’a fait du bien de voir Stephen King revenir à ce qu’il a plus l’habitude d’écrire avec Carnets noirs, même si je l’avais déjà bien retrouvé avec Revival sorti en septembre. Je pense que King va un peu toucher à tout ce qu’il sait faire dans cette trilogie et ça me plaît. Une trilogie construite sur trois enquête ne m’aurait pas déplu, si tout tenait bien la route, mais voir que ce n’est pas ça et que l’on part vers ce que j’aime le plus chez cet auteur me met des étoiles plein les yeux.

Si Mr Mercedes vous avait un peu déçu, tentez Carnets noirs quand même car il vaut vraiment le détour. Le tome précédent m’avait vraiment plu et il m’avait donné envie d’avoir la suite entre les mains, cette sensation est décuplée ici et pas seulement parce que j’ai aimé le récit. Stephen King nous a concocté une faim digne des plus grands cliffhangers de l’histoire et je ne sais pas comment on peut ne pas avoir envie de lire le dernier tome après celui-ci.  J’ai encore une fois passé un moment plus que délicieux avec Stephen King, je ne m’attendais de toute façon pas à moins avec ce roman, j’ai toujours une confiance en aveugle dans le travail du maître de l’horreur qui a su me charmer il y a des années et qui me charme encore comme au premier jour à chaque nouvelle lecture.

Très bon

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2 thoughts on “Off-Ret Hodges, tome 02 : Carnets noirs de Stephen King”

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