UN CHAT AU CENTRE DE LA TENSION – Un Juste Retour Des Choses de Sham Makdessi

Il y a quelques temps, j’ai trouvé dans ma boîte mail un communiqué de presse d’une maison d’édition que je connaissais pas, Alter Real, qui m’a proposé un partenariat. D’abord sceptique, j’ai finalement décidée de me prendre au jeu et de me laisser tenter. En effet, la maison d’édition se présente comme une maison d’édition publiant des œuvres où les animaux sont au centre des intrigues. Amoureuse des animaux, je ne suis pourtant pas une grande fan de ce genre d’histoire mais le résumé de ce roman-ci a su m’intriguer. Et vous ?

Aux prises avec une mère trop effacée et un beau-père qui la déteste, Alma, dix ans, trouve un grand réconfort auprès de Minou, son chat. Mais le jour où ce dernier disparait, son univers s’effondre. Minou s’est-il enfui ? A-t-il été écrasé par une voiture ? Non : Alma en est certaine, c’est Yves, son beau père, qui s’est secrètement débarrassé de l’animal ? et elle ne peut endurer l’idée qu’une telle injustice demeure impunie. Commence alors un étrange duel entre la petite fille et son beau-père. Qui en sortira vainqueur ? Et, surtout, quel sort sera réservé au perdant ?

Le communiqué m’annonçait un thriller, ce qui m’a fixée dans mon envie de découvrir Un juste retour des choses mais je dois dire qu’on est loin, très loin du thriller. Néanmoins, ce roman n’est pas des plus légers pour autant et pour ma part, je l’ai catégorisé dans les drames. Le roman repose beaucoup sur la relation entre Alma et son beau-père Yves, qui est loin d’être une relation sereine. La tension entre les deux est presque palpable et ne fait qu’augmenter au fil des pages. Un juste retour des choses n’est pas un roman qui peut se vanter d’être bourré d’action, mais cela ne l’empêche pas d’être un roman très addictif de par cette atmosphère. C’est comme si quelque chose crépitait tout au long du livre jusqu’à l’explosion finale. On ressent l’animosité entre Alma et Yves, on peut de moins en moins l’ignorer et la seule chose que l’on veut savoir c’est comment ce duel va se terminer.

Ce qui permet une tension si grande, c’est aussi la taille du roman. Il fait moins de 200 pages (du moins d’après ma liseuse), ce qui ne permet pas de s’étendre sur les détails superflus. L’histoire avance vite, et bien, sans pour autant nous donner l’impression d’être bâclée. De plus, les personnages ne sont pas pour autant négligés. A travers leurs actions et de courtes explications de l’auteur, ils prennent toute leur profondeur. On ne sait pas tout, on ne connait pas tout leur passé, mais il ne nous en faut pas plus pour les comprendre et les apprécier (ou non).

Et là vous vous dites « t’es bien mignonne, mais l’animal il est où dans tout ça ? » Eh bien il est bien là ! Au cœur de ces batailles silencieuses entre Alma et son beau-père se trouve le chat Minou. J’avais peur que le récit perde sa crédibilité avec un chat trop présent mais ça n’a pas été le cas. Il est le nœud du conflit et en même temps, il est présent d’une manière plutôt modérée ce qui permet de garder l’histoire plausible. D’un autre côté, j’ai trouvé ça très sympa que ce chat ait la parole. Je ne m’attendais pas à cela. Ça amenait encore une touche de suspense car l’affrontement entre Yves et Alma était mis en pause, mais je trouvais ça aussi très drôle car cela amenait un autre combat, celui du chat. C’était frais, intelligemment mis en avant et de manière modéré.

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai énormément aimé cette lecture et j’ai d’ailleurs dévoré le roman en un week-end. Je pense garder un œil sur l’auteur, mais aussi sur la maison d’édition qui m’a réconciliée avec ce genre d’histoire.

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