Don Quichotte II de Miguel de Cervantès

DQ« Sancho, ce que je te recommande en premier lieu, c’est d’être propre, de te rogner les ongles et de ne les laisser point croître, ainsi que font quelques-uns, qui sont si ignorants et si bêtes qu’ils croient que de grands ongles leur embellissent les mains. Ne mange point d’ail ni d’oignon, afin que l’odeur ne découvre ta rusticité. Fais attention, Sancho, à ne pas mâcher des deux côtés à la fois et à n’éructer devant personne.
– Je n’entends pas, dit Sancho, ce mot d’éructer. »
Et don Quichotte lui dit : « Éructer, Sancho, veut dire roter, et c’est un des plus vilains mots qu’ait la langue castillane, encore qu’il soit fort significatif.
– En vérité, monsieur, dit Sancho, parmi les conseils et les avis que vous me donnez, et que je pense garder en ma mémoire, je ne mettrai point en oubli de ne pas roter, parce que j’ai accoutumé de le faire fort souvent.
– Éructer, Sancho, reprit don Quichotte, et non roter. »

Je vous l’avez annoncé dans ma chronique sur la première partie de Don Quichotte, j’ai dû lire la seconde pour le semestre qui arrive. Je l’ai lu pendant mes vacances car j’avais peur du temps que ça allait me prendre pour le lire (NB : j’ai lu le premier tome en un mois). Grande surprise, j’ai fini ce livre en trois jours ! Cependant, ce n’est pas parce que j’étais totalement absorbée par ce livre, mais surtout parce que je me suis mise une discipline de fer. Il était hors de question que cette lecture me prenne un temps fou, tout d’abord pour pouvoir avancer dans mes challenges et mes autres lectures de fac, mais aussi parce que je ne supporte quand un livre traîne trop.

Parlons maintenant de ce livre un peu plus en détail. Je l’ai beaucoup plus apprécié que le premier tome. Don Quichotte est un personne très amusant de par sa naïveté et sa façon de voir le monde, mais sa manie de ne pas comprendre ce qu’il se passe et sa façon de tout réinterpréter m’ont fortement agacée au bout d’un moment. Dans cette seconde partie, c’est un Don Quichotte un peu plus censé que nous retrouvons, et qui a même un discours très raisonné de temps à autre. Ce n’est plus qu’un idiot qui se prend pour un chevalier errant mais un homme avec une certaine sagesse et une lubie hors du commun. J’ai aussi eu l’impression de redécouvrir Sancho Pança. Je le trouve moins naïf et moins dépendant de Don Quichotte, ce qui m’a beaucoup plus, même s’il n’en reste pas moins crédule.

En ce qui concerne l’intrigue, je l’ai elle aussi trouvée plus intéressante et plus amusante à suivre. Cependant, ça a tout de même été une lecture laborieuse puisque plus je lisais, plus j’avais le cerveau en compote. Je me suis aussi endormie plus d’une fois sur mon livre, à cause des discours trop long ou du texte qui, a force de ne pas être vraiment aéré, me tuait les yeux. Mais je vous l’avoue, je comprends pourquoi Don Quichotte est une oeuvre importante et considérée comme magistrale. C’est une oeuvre qui, je pense, est à découvrir absolument quand on est amoureux de la littérature, ce qui était d’ailleurs mon souhait.

Même si j’ai eu du mal, même si je n’ai pas entièrement accroché, lire Don Quichotte a été une belle et enrichissante expérience de lecture pour moi.

Edition : Folio – Collection : Classiques – Prix : 10€20 – Pages : 680 (sans les dossiers)

Note : 14/20

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