L’ombre de Raphaël de Germain Paris

couv63328171Edition : La Bourdonnaye

Prix : 21€

Pages : 386

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La femme d’un ministre est assassinée devant la résidence de l’ambassadeur américain à Paris. On découvre rapidement qu’elle sortait d’une partie fine, au cours de laquelle les participants s’étaient livrés à des pratiques extrêmes. Une prostituée à la retraite confie à son fils, reporter international, qu’elle reçoit une série de lettres anonymes et annonciatrices de meurtres. Les membres d’une mystérieuse organisation recherchent activement un texte biblique, jamais dévoilé au grand public à ce jour et susceptible d’ébranler les fondements de la religion chrétienne. Quel est le rapport entre tous ces éléments ? C’est ce que va devoir établir le commissaire Lucas Guillobert, avec l’aide de son équipe du Quai des Orfèvres. Pour résoudre cette enquête, il n’hésitera pas à plonger dans le passé trouble de la France. Au risque de se faire des ennemis à la puissance insoupçonnée. Mais il semble ne craindre ni rien ni personne. À part peut-être ses démons et ses fantômes…

Bien évidemment je tiens d’abord à remercier les éditions La Bourdonnaye pour cet envoi. Je me souviens les avoir vu en parler sur Twitter cet été et je me suis dit, dès que je l’ai vu, qu’il me le fallait. J’ai été super heureuse de le recevoir, je me suis jetée dessus dès que possible et malheureusement, je n’ai pas été aussi emballée que je ne le pensais. Néanmoins, ce n’est pas pour autant que je n’ai pas aimé ce livre qui est tout de même plein de qualités.

Si j’ai absolument voulu lire ce livre c’est que l’intrigue me semblait très intéressante et c’est effectivement le cas. J’adore les thrillers avec de véritables enjeux qui peuvent avoir un réel impact, pas seulement pour les victimes et leur famille, et j’ai été servie ici. Le ministre veut étouffer l’affaire, le texte biblique engendre de lourdes conséquences pour celui qui le possède, cela ajoute de la pression déjà mise en place par les meurtres et l’enquête qui doit absolument avancer. Malheureusement, j’ai aussi trouvé que celle-ci prenait beaucoup de temps pour se mettre en place et que l’histoire a pris un certain temps à vraiment décoller. Les événements clefs de l’intrigue sont dans un premier temps trop  espacés, l’enquête stagne énormément au début, ce qui fait basculer l’auteur dans le côté  plus privé du roman. C’est quelque chose qui m’a vraiment perturbée car d’un côté je voulais que ça avance, je ne voyais pas vraiment ce qui aidait  vraiment à faire avancer l’histoire dans tout ça et je me disais que je m’en serais bien passé, d’un autre côté je ne pouvais pas imaginer le texte sans tout cela.

Ce qui fait aussi la force de ce roman, rien de bien original mais quelque chose d’essentiel, ce sont les personnages. Ils sont tous très bien construits, tellement bien d’ailleurs, qu’on pourrait presque les distinguer très facilement sans avoir besoin de les nommer. Il y a en a un qui m’a particulièrement tapé dans l’œil, le commissaire Guillobert. Il est sarcastique, très intelligent et pousse beaucoup les autres à la réflexion. Il part parfois dans toutes les directions, ce qui m’a amusé dans un premier temps mais, vers la fin du roman, ça a vraiment commencé à me lasser. Dès qu’il y a un dialogue avec Guillobert on part toujours dans une longue réflexion avant d’entrer dans le vif du sujet et il y a eu un moment où je n’en pouvais plus et ai arrêté de lire toute une partie des dialogues. Cependant, je vous parle de ça mais c’est arrivé à la toute fin  du livre, quand il me restait une cinquantaine de pages, mais du coup cela m’a un peu gâché le dénouement de l’enquête. Heureusement je n’ai rien loupé dans les passages sautés et j’ai pu tout comprendre. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé les réponses apportées par l’auteur qui a opté pour le fait de nous berner jusqu’à la toute fin du livre. Le raisonnement de la police tient la route, les arguments étaient solides et l’auteur a tout de même réussi à renverser la tendance pour nous surprendre avec un coupable inattendu. Le livre se finit sur une fin ouverte qui nous permet d’imaginer toutes sortes de choses pour les personnages, j’aime beaucoup. Je ne veux pas spécialement de suite (même pas du tout à dire vrai) mais j’aime beaucoup le fait que notre intrigue ne soit pas entièrement fini à la dernière page et que l’on peut encore imaginer tout un tas de choses.

J’ai finalement un avis assez mitigé sur ce roman, vous l’aurez compris. Il n’a pas tant de défauts que ça et, dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture. J’ai malheureusement eu du mal à véritablement entrer dans l’histoire et eu envie folle d’en sortir vite au bout d’un moment (très long moment même. Parce qu’en avoir marre à 50 pages de la fin c’est pas non plus la grosse catastrophe). J’ai tout de même apprécié découvrir Germain Paris. Je crois que L’ombre de Raphaël est son premier roman, peut-être que le prochain (si prochain il y a) sera meilleur !

Note : 13/20

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