LA RELECTURE DE TROP – A Tout Jamais de Nicholas Sparks

Mon arrivée sur la blogosphère il y a maintenant presque 06 ans m’a permis de m’ouvrir et de découvrir énormément de nouveaux auteurs. Nicholas Sparks en fait parti. J’avais vaguement entendu parler de lui grâce au film The Notebook,  mais ce n’est qu’en entendant parler de lui sur Booktube que je me suis penchée sur son travail. Le premier roman découvert a été A tout jamais, car je voulais découvrir l’auteur au travers d’une histoire que je ne connaissais absolument pas. Je me souviens qu’à cette époque, j’avais 16 ans (on dirait que j’en ai 52 maintenant mais non), et javais eu un énorme coup de cœur pour ce roman. L’histoire de Landon et Jamie m’avais totalement bouleversée et je me rappelle avoir fini en larme sur mon lit.

Cinq ans plus tard, je me décide à relire ce livre que je chéris et garde bien précieusement depuis tout ce temps. Cependant, cela n’a plus été la lecture émouvante de la première fois et j’ai bien envie de vous expliquer pourquoi. Ne vous méprenez pas, je ne me suis pas retrouvée à souffler et lever les yeux durant toute ma lecture en me demandant ce que j’avais bien pu trouver à ce livre. Mais il est vrai que durant cette relecture, les défauts du livre m’ont sauté aux yeux.

Mais avant de vous parler de tout ces petits défauts, j’ai bien envie de vous parler des qualités de ce court roman car malgré tout, Nicholas Sparks a su trouver la bonne manière pour nous emporter dans son histoire et la rendre addictive. La construction du roman permet une immersion en douceur. L’histoire nous est racontée par Landon replongeant peu à peu dans ses souvenirs et il arrive à nous emmener avec lui. Une fois que l’on commence, on n’a pas envie de sortir du livre tant que nous n’avons pas eu lu le tout dernier mot. De plus, on s’attache énormément à Landon et Jamie. Jamie est une jeune fille très douce et même si elle paraît inaccessible, on a très vite envie d’aller vers elle. En ce qui concerne Landon, il peut paraître antipathique au début mais il se révèle peu à peu. C’est un bonheur de le voir s’émanciper du carcan que l’on peut nous-même s’imposer à l’adolescence pour être de rester dans le moule. Mais surtout, A tout jamais nous raconte une histoire d’amour très belle et très forte, qui ne peut nous laisser indifférent. Nous sommes face à deux adolescents, ils sont à l’âge où les plus âgés leur dirait facilement que ça ne va pas durer, que c’est une histoire d’amour parmi tant d’autres et pourtant, quand on les voit évolués à deux, on a tout de suite envie de croire que ça va durer toute la vie.

Malheureusement, après relecture, le roman m’a également révélé ses défauts. Je me suis même demandée si je n’allais pas plutôt laisser tomber ma lecture et garder le merveilleux souvenir que j’avais du livre au lieu de continuer à le relire. J’ai d’abord trouvé que même si les personnages sont très attachants, ils sont également bien trop lisses. Jamie est aussi pure qu’un nouveau-né et Landon, qui pourrait ajouter un peu de piquant à tout ça, est finalement un bon petit garçon bien sage. Peut-être il y a-t-il eu une petite gaffe de temps en temps, mais nos deux amoureux ne feront jamais un pas de travers, de mauvais choix. Cela les rend prévisibles et sans aucune profondeur. Je ne dis pas qu’il faut obligatoirement faire de grosses erreurs pour être un personnage intéressant, mais même les personnages les plus bienveillants que j’ai pu rencontrer durant mes lectures avaient plus de fond. On sentait la dualité de leurs émotions, leurs difficultés à rester bons. C’est quelque chose que je n’ai absolument pas retrouvé ici.

Ces personnages si parfaits ont bien évidemment des conséquence, la plus importante étant leur impact sur l’intrigue. Même quand l’auteur nous met face à des choix cornéliens, on sait d’avance que les personnages prendront la bonne décision, auront le comportement qu’il faut car ils sont tellement intelligents, gentils et comprennent tellement bien le monde qui les entoure. Je n’ai pas forcément ressenti de vives émotions. Je me souviens que cela avait été le cas à ma première lecture mais ça n’a pas du tout été le cas cinq ans plus tard. Je n’ai pas ri, je n’ai pas pleuré, je n’étais pas enragée face au destin si injuste des personnages, rien. Bien évidemment, je ne suis pas restée indifférente face au sort de Jamie. Mais cette fois-ci, hormis une profonde compassion, il n’y avait pas grand chose. Je n’avais pas d’étoiles plein les yeux en suivant le couple Jamie/Landon non plus. Je ne ressentais pas l’amour qui les animait, la passion et la fougue des amours adolescents.

Cette relecture avait aussi un autre but, savoir si je redonnais une chance à Nicholas Sparks. Ayant adoré ce roman la première fois que je l’ai lu, je me suis ruée sur un autre, Les pages de notre amour, lui aussi adapté. Cette lecture-ci n’avait pas été un franc succès et je me souviens m’être forcée pour lire les 80 dernières pages d’un coup, histoire de connaître le fin mot de l’histoire et d’enfin pouvoir passer à autre chose (pourtant, l’adaptation est un de mes films favoris). Je ne voulais donc plus lire de romans de Nicholas Sparks mais mes goûts littéraires ayant évolués depuis un an, je m’étais dit que peut-être je pourrais lui redonner sa chance. Je pense que vous l’avez déjà compris, ce ne sera pas le cas. Après Les pages de notre amour, je trouvais que j’avais déjà fait le tour de l’auteur et relire A tout jamais me l’a confirmé. Ma relecture m’a donné un goût de déjà-vu, pas seulement parce que c’est une relecture, mais aussi parce que maintenant, j’ai l’impression que cette intrigue se fond plus dans la masse qu’autre chose, qu’il n’y a rien de transcendant. Néanmoins, cela n’enlève en rien le plaisir que j’avais eu à découvrir A tout jamais à l’époque, et je reste d’ailleurs focaliser là-dessus. C’est un roman, et un auteur, qui resteront finalement dans mes souvenirs d’adolescence.

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